La coopération internationale, l’expérience d’une vie! 

Par CATHERINE FAURE-LEVESQUE & ALEXANDRA LALLIER-PARENT

École internationale du Phare

Une destination unique et des souvenirs inoubliables, voilà ce qui nous attendait lors de notre voyage à Cuba. Notre groupe de neuf élèves de 4e secondaire de l’école internationale du Phare a vécu pendant 14 jours, fin février, début mars 2015, une immersion exceptionnelle au cœur d’une charmante petite ville située au sud de la Havane, Güira de Melena. Notre voyage de coopération internationale était chapeauté par ARO InterNational, un organisme sans but lucratif qui offre des stages d’immersion, de solidarité et de coopération internationale à ceux qui veulent vivre des aventures mémorables. Découvrir la culture cubaine, vivre dans la richesse des valeurs de ce peuple, améliorer notre espagnol et comprendre la complexité de la vie quotidienne des Cubains en raison des restrictions économiques n’étaient que quelques-uns des buts de ce séjour. C’est donc avec une soif d’apprendre que nous nous sommes lancés dans ce périple qui était, pour la majorité d’entre nous, une première expérience de coopération. 

Pour nous familiariser avec la vie du pays, nous étions jumelés avec des jeunes Cubains de 15 à 17 ans, que nous avons rencontrés pour la première fois à l’école préuniversitaire de Güira de Melena. Peu de temps après, des amitiés s’étaient créées non seulement entre nous et nos « jumeaux », mais aussi avec tous les autres Cubains que nous avons croisés. 

Plus les jours avançaient, plus nous avons appris ce que c’était que de vivre à la cubaine. Nous apprenions de nos hôtes autant qu’ils apprenaient de nous. Nous nous sommes vite rendu compte que nos modes de vie étaient très différents, et c’est lors de ces échanges fort agréables que la plupart d’entre nous ont compris la chance que nous avons de vivre dans un pays où nous ne manquons de rien. Ce fut sans l’ombre d’un doute l’une des plus belles choses que nous avons réalisées lors de notre voyage. Un aspect important de ce voyage de Coopération internationale était de travailler pour le chaleureux peuple cubain. L’endroit où nous logions, La Asociación Nacional de Agricultores Pequeños de Cuba (ANAP), est une école d’agriculture qui offre la possibilité aux gens venant d’autres pays d’Amérique du Sud de venir étudier sur les terres de Cuba et d’apprendre comment cultiver efficacement la terre. 

Grâce aux nombreux champs de tomates, de soya, de kimbombo, de yucca et de quelques autres variétés d’aliments qui l’entourent, cette institution produit de bons aliments 12 mois par année et les distribue à la population de Güira de Melena. 

À cette école réputée, où nous avons travaillé de trois à quatre heures presque chaque matin, en effectuant différentes tâches aux champs, nous avons su ce que c’était que de travailler la terre. En plus de nos jumeaux, des gens du site ou de la ville venaient travailler avec nous. Chacun d’eux avait sa couleur et sa façon de faire; nous avons beaucoup appris de ces personnes aimables. Nous avons tissé avec eux des liens qui resteront dans nos mémoires encore longtemps! Même si nous ne venions pas du même endroit, que nous ne parlions pas la même langue et que nous n’avions pas été élevés de la même façon, nous nous sommes rendu compte que nous étions, au bout du compte, tous semblables. 

De plus, nous sommes allés dans des écoles primaires de Güira de Melena afin d’y réparer des livres. Le personnel et les élèves étaient si heureux de nous voir! Ils nous ont grandement remerciés en jouant avec nous une partie de volley-ball et en faisant un défilé. Pour notre part, nous étions surpris de voir que leurs livres étaient aussi abîmés et que leurs bibliothèques étaient encore bien vides. Chaque jour, nous étions de plus en plus conscients de la chance que nous avons chez nous. 

Pour en connaître plus sur les services publics offerts à Cuba, nous sommes allés visiter la ville où nous vivions. Nous avons ainsi pu constater que leur service de santé mérite son titre de meilleur au monde en visitant l’hôpital de Güira. Nous avons aussi découvert une maison de maternité, une garderie et une maison d’accueil pour les aînés. Tous ces services, dans une si petite ville nous ont bien fait comprendre à quel point tous les citoyens peuvent avoir accès aux soins nécessaires à leur bien-être. 

De plus, durant une fin de semaine, nous avons eu la chance de découvrir la merveilleuse ville de La Havane, la capitale du pays. Ce que nous y avons vu nous a marqués, tant au plan humain qu’historique. Les gens chaleureux que nous y avons rencontrés et les monuments historiques que nous avons visités, comme la Plaza de la Revolución et le fort El Morro, nous ont littéralement charmés. Que ce soit en montant El Taburete, une montagne historique, en visitant l’Hôtel nacional ou en nous plongeant dans des bains naturels à Las terrassas, nous avons vu toute la beauté de Cuba. Éblouis par le patriotisme qui régnait partout où nous allions, nous sommes tous tombés amoureux de ce pays unique. 

Nous avions apporté beaucoup de dons afin d’aider les gens de la ville où nous avons résidé : des draps, des gourdes, des vêtements, des outils, des produits hygiéniques... Lors de notre dernière soirée, nous avons fait un grand feu de joie à la québécoise où nous avons donné à chacun de nos jumeaux un sac rempli d’articles toujours disponibles chez nous. Ils étaient tous très heureux de recevoir des produits pour eux souvent difficiles à se procurer. Nous sommes tous restés surpris face à la réaction que ces jeunes de notre âge avaient lorsque nous leur donnions de simples articles que nous jugeons comme le strict minimum pour nous. 

Nous avons alors encore plus réalisé la vraie valeur des choses. Il nous est apparu évident que ce n’est pas l’argent qui fait le bonheur et nous avons pu constater à quel point la société dans laquelle nous vivons est bâtie sur l’individualisme. En plus, nous étions tous émus parce que c’était le moment des adieux à nos nouveaux amis, mais aussi parce que pour nous leur sourire valait tout l’or du monde. Avoir eu la chance de donner un peu à cette chaleureuse communauté a été pour nous un sentiment extrêmement gratifiant. 

Ce voyage fut une expérience mémorable pour chacun, car nous en avons appris sur nous-mêmes et sur cette merveilleuse culture. Tout en enrichissant notre espagnol, nous savions que nous avions beaucoup de chance de participer à cet inoubliable périple. Nous nous sommes bien intégrés à ce pays exceptionnel et y avons forgé de fortes amitiés. Jamais nous n’oublierons ce voyage qui nous a ouvert les yeux sur la chance que nous avons de vivre dans un pays où tout nous est accessible aisément et sur l’importance de partager.