AMA LA VIDA ~ AIME LA VIE

Voyage communautaire en Équateur

par Rosalie Picard, PEI, 2016

Le mot « dépaysement » peut paraître bien banal lorsqu’on fait simplement le prononcer. Mais «vivre un dépaysement» au sens propre, je vous garantis que ça peut changer votre vie pour toujours! J’ai eu la chance, du 25 mars au 6 avril dernier, de mettre les pieds en Équateur, avec 27 autres élèves de secondaire 4 inscrits au Programme d’Étude Intermédiaire ainsi que 3 accompagnateurs de notre école (André-Laurendeau). Ce fut un périple à la fois exaltant, surprenant, mais surtout émouvant dans mon cas.

Le voyage a débuté par la visite de Quito, la capitale du pays. Déjà, le contraste avec le Québec était énorme! L’altitude, la nourriture, les paysages, les maisons, les habitants, etc. À mes yeux, si on la compare avec Montréal par exemple, Quito est une ville plutôt pauvre  vu l’état et l’apparence des bâtiments qui la composent, mais cela n’empêche pas la municipalité d’avoir un charme bien à elle et c’est ce qui en fait sa richesse à mon avis.

Nous avons poursuivi notre aventure en nous installant dans la communauté de Sinchi Pura pendant deux jours, avec uniquement un sac à dos comme bagage. Cette petite collectivité 
qui parlait uniquement le Quechua et l’espagnol nous a accueillis chaleureusement.  Nous avons pu faire plein de découvertes dans la forêt Amazonienne, en plus de mettre à profit nos talents de grimpeurs en escaladant des chutes d’eau et de goûter à la chicha, une boisson typique de là-bas, faite avec du yuca (manioc). J’ai vécu un moment vraiment magique lors d’une de nos excursions dans la forêt primaire avec mon groupe, car j’ai surmonté ma gêne et j’ai demandé à mon enseignante si nous pouvions prendre une minute de silence, simplement pour écouter les sons incroyables que la forêt nous livrait. Mon souhait fut réalisé et je crois que j’ai vécu un des moments les plus « profonds » de toute ma vie! Aussi, nous avons visité la petite école du village qui ne contient que trois classes! C’est dans des endroits comme ceux-là qu’on se rend compte à quel point nous sommes choyés d’avoir accès à un système d’éducation qui nous assure un avenir formel. Encore une fois, nous avons vécu un dépaysement gigantesque! La première nuit n’a pas été facile, nous avons rencontré plusieurs insectes assez impressionnants et ça ne nous a pas tous particulièrement plu..! Aussi, nous dormions sous des filets dans des cabanes humides, vous pouvez donc conclure qu’en petits occidentaux que nous sommes, nous avons du faire preuve de beaucoup d’audace! Nous sommes donc vraiment sortis de notre zone de confort pendant nos deux nuits passées à Sinchi Pura! C’était assurément une expérience unique et si un jour j’en ai la chance, j’y retournerai sans hésiter !  

Nous avons continué notre voyage en visitant la magnifique ville de Baños. Nous avons eu la chance de nous reposer et de nous remettre de nos émotions tropicales! De plus, nous avons pu tenter l’expérience des eaux thermales très tôt le matin, c’était assez particulier, mais très agréable! Aussi, nous avons pris un téléphérique pour nous rendre sur la montagne opposée à celle où nous étions.  Nous avons pu y visiter Pailon Del Diablo (Chute Du Diable), un endroit incroyable à en couper le souffle ! 

Durant les 3 jours qui ont suivi notre départ de Baños, nous partions chaque matin en autobus, sillonnant les montagnes pour nous rendre au sein de la communauté autochtone de Sicalpa, où nous avons effectué du travail communautaire. En effet, nous nettoyions une ancienne école primaire en vue de la transformer en centre de la petite enfance. Nous avons donc sablé, nettoyé puis peinturé les murs intérieurs ainsi qu’une partie des murs extérieurs de ce même centre. En plus de nous impliquer dans ce projet, nous avons pu interagir avec les enfants et les adultes de la communauté qui semblaient très heureux de recevoir notre aide. Avant de faire nos adieux aux habitants de Sicalpa, nous leur avons remis deux valises de dons que nous avions collectés (vêtements, matériel scolaire, jeux pour les enfants, etc.) ainsi que 100$ pour l’achat de matériel nécessaire à la collectivité. 

Avant notre retour vers la capitale nationale, nous sommes descendus dans le cratère d’un volcan, pour nous tremper le bout des orteils dans la splendide lagune de Quilotoa. Je crois que tout le groupe serait d’accord pour dire que c’était un des lieux les plus extraordinaires que nous avons visités durant notre voyage! Nous pouvons maintenant dire que nous avons mis les pieds au centre d’un volcan en Équateur en plus d’avoir pu admirer un décor tout à fait sublime! Notre trip au milieu de la Terre - comme j’aime bien l’appeler! - a pris fin le lendemain lorsque nous avons repris l’avion de Quito vers notre chez-soi au Québec.

Avant de terminer, j’aimerais souligner le fait qu’un tremblement de terre a fait d’énormes ravages en Équateur, à peine deux semaines après notre retour, et qu’il a causé des centaines de morts. Tout le groupe a été ébranlé par cette nouvelle; nous avons tous pris conscience que la vie est vraiment fragile. Nous aurions pu nous trouver là-bas lors du séisme et même perdre la vie, mais il semble que notre heure n’était pas arrivée... Certains vont peut-être avoir peur de voyager à nouveau à cause de cet incident. Pourtant, je crois au contraire que c’est une raison de partir à l’aventure plus souvent et de profiter de chaque moment, car on ne sait point où, quand, et comment notre vie va se terminer. Comme le reprend si bien l’expression emblématique de l’Équateur « Ama la vida », qui signifie « Aime la vie », je pense qu’il faut prendre le temps de saisir chaque moment de bonheur qui s’offre à nous pour ne pas regretter une fois la fin arrivée, de ne pas avoir vécu... 
Je conclus par cette phrase de Gandhi que j’aime beaucoup et qui, à mon avis, résume bien notre voyage en Équateur : « Le plus grand voyageur n’est pas celui qui a fait dix fois le tour du monde, mais celui qui a fait une seule fois le tour de lui-même. »  

 Rosalie Ricard, sec. 4

Rosalie Ricard, sec. 4

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Voyage communautaire en Colombie

Par Julianne Vincent de l’école secondaire André-Laurendeau

-PROGRAMME D’ÉDUCATION INTERNATIONALE, AVRIL 2015

Du 27 mars au 7 avril dernier, ce sont vingt-trois élèves du programme d’éducation internationale de secondaire quatre à l’école secondaire André-Laurendeau, à Saint-Hubert, qui se sont envolés vers la Colombie. Nous étions accompagnés de madame Manon Légaré, professeur de sciences et technologie de l’environnement, ainsi que de monsieur Bruno Boilard, animateur en vie spirituelle et en engagement communautaire. Durant douze jours, nous avons eu la chance de vivre l’expérience d’une vie.

Ce voyage à visée communautaire nous a permis à nous, les élèves, de découvrir une culture et un mode de vie différents des nôtres et de nous ouvrir sur ce magnifique pays. Nous avons eu la chance de visiter plusieurs villes de la Colombie, telles Cartagena, Santa Marta, Rioacha et Tayrona. Le premier arrêt, Cartagena, nous a non seulement fait découvrir la ville, mais nous a aussi permis de donner de notre temps aux gens d’une maison pour personnes âgées de la fondation LorettAmador. Cette fondation accueille des personnes âgées dont la condition les a menées à être abandonnées par leur famille. Nous sommes donc allés passer tout un après-midi là-bas, à parler avec eux, leur raconter ce que c’est de vivre au Canada, les distraire, les écouter raconter leurs histoires… Ce fut un moment marquant pour chacun d’entre nous et nous avons tous été très touchés de voir les visages illuminés de ces personnes.

Ensuite, ce fut le départ vers la ville de Santa Marta, aussi magnifique et remplie d’histoire que Cartagena. Le temps passé à Santa Marta fut en grande partie consacré aux jeunes Colombiens de l’école Mosquito, école primaire d’un milieu défavorisé. Nous avons passé deux jours avec eux. Pour le premier jour, il nous avait fallu préparer des activités auxquelles nous avons participé avec les jeunes. Nous avons aussi eu une visite guidée par les jeunes du jardin de leur école et nous avons planté des arbres sur le terrain de l’école. Le deuxième jour fut plutôt consacré à une sortie scolaire avec les jeunes. Nous sommes partis vers la ville de Minca, où nous avons pu faire une randonnée dans la forêt et assister à une présentation sur le café équitable colombien. Nous avons aussi eu la chance de nous baigner dans un endroit appelé le Pozo Azul, une très jolie chute d’eau en plein cœur de la forêt. 

Je suis heureuse de dire que c’est complètement changés que nous sommes retournés au Canada. Ce fut un voyage inoubliable durant lequel nous avons pu mieux comprendre les conditions de vie plus difficiles qu’il peut y avoir sur notre planète. Je crois qu’être allés visiter tous ces gens et avoir vu leur sourire et lu la reconnaissance sur leur visage est quelque chose de marquant pour chacun d’entre nous qui avons eu la chance de participer à ce voyage. Nous nous en rappellerons longtemps!