La destruction des bidonvilles : un enjeu controversé

Par Aurélie Blackburn (16 ans) et Valérie Tremblay (17 ans)

Au cours du siècle dernier, le phénomène de l’immigration a pris beaucoup d’ampleur dans le monde, plus particulièrement dans les pays en développement. Certains d’entre eux accueillent plusieurs milliers d’immigrants chaque année, dont la plupart se dirigent vers les grandes villes. Face à ces arrivées massives, les municipalités et les villes ne parviennent pas à développer suffisamment de logements, et on voit apparaître des bidonvilles autour d’elles. Leur présence entraîne plusieurs problèmes, notamment d’ordre social et économique. C’est pourquoi certains pays pensent à détruire ces villes improvisées et désorganisées. Cependant, on se questionne à savoir si leur destruction est la solution. À notre avis, ce serait au contraire très néfaste. 

À Katmandu, le gouvernement a procédé à la destruction totale d’un bidonville sous les yeux hagards des habitants. 

Tout d’abord, la dissolution des bidonvilles amène également sa part de problèmes, particulièrement au niveau des logements. En effet, les bidonvilles ont leur propre société intérieure avec une certaine structure sociale, et les habitants y ont leur emploi, leur famille et leurs amis. Malgré l’insalubrité des lieux, la majorité des habitants préfèrent y rester. En détruisant cet endroit contre leur volonté, on brime leur liberté et on s’attaque à leurs droits. De plus, lorsqu’ils sont relocalisés dans des logements sociaux plus convenables, ceux-ci ne sont pas adaptés à leur réalité. Ils sont, par exemple, éloignés de leur lieu de travail. Selon les affirmations des organisations non gouvernementales (ONG) dans un article publié sur Mes Débats, il ne faut pas oublier que « si les évacuations de camps se sont multipliées, les recherches de solutions de relogement ne suivent pas ». Par conséquent, la majorité de la population provenant des bidonvilles n’a nulle part où aller, et c’est un cycle sans fin. 

Par la suite, en partant du fait que la destruction ne règle pas le problème, nous avons constaté que d’autres solutions pourraient être efficaces. Effectivement, nous pouvons prendre l’exemple des mini-bidonvilles de France. Dans ce pays, les autorités évacuent régulièrement ces campements, mais cela ne résout en rien le problème puisque, quelque temps plus tard, on retrouve les mêmes familles installées sur les terrains à proximité. Par ailleurs, d’autres solutions ont déjà fonctionné, notamment au Brésil où, en vue des prochains Jeux olympiques de Rio, on a mis en place un programme de pacification des bidonvilles. Selon une étude réalisée par le sociologue Ignacio Cano, ces mesures ont amené plusieurs résultats positifs. Par exemple, le nombre de morts violentes à l’intérieur de ces regroupements a diminué de 70 %, et le nombre de décès dus à des interventions policières frise zéro. De plus, la destruction des bidonvilles nécessite des capitaux importants. En y réfléchissant bien, investir cet argent dans des infrastructures serait plus judicieux et n’entraînerait aucun problème. 

Bidonville de Bombay

En conclusion, devant toutes les solutions possibles pour améliorer les conditions dans les bidonvilles, comme la pacification, il n’y a aucune raison d’aller créer de nouveaux problèmes en les détruisant, comme des logements non adaptés. Pour nous, il est évident que la destruction de bidonvilles n’est pas bénéfique. Il est temps d’arrêter de se cacher derrière les centres d’achat et les jolies vitrines de magasins pour plutôt s’attarder à la vraie pauvreté dans le monde. Nous devons travailler à la faire disparaître.