J’ai eu le plaisir de rencontrer Mme Josée Gobeil, qui œuvre pour La Maison Aube-Lumière. Depuis 1997, cet organisme sherbrookois offre des soins palliatifs à des personnes atteintes du cancer en phase terminale. Les bénévoles et les membres du personnel accompagnent les patients dans leurs derniers moments de vie en leur offrant de l’aide au niveau psychologique, social et spirituel et tout ça sans but lucratif. De plus, ils s’adaptent à leurs patients, par exemple: ils n’ont pas d’heures fixes pour prendre leurs repas. Des services sont également offerts  aux proches des patients pour leur apporter du soutien. S’ils veulent dormir dans la chambre du malade ou être près de lui en louant une pièce lumineuse et accueillante ils le peuvent ! J’ai pu en visiter une inoccupée et j’y ai trouvé des similitudes avec une chambre d’hôtel.

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La raison pourquoi Mme Gobeil travaille pour Aube-Lumière est probablement due au fait qu’elle a côtoyé la mort de très près. Durant son enfance, elle vivait près du Cimetière Saint-Michel à Sherbrooke et cet endroit plutôt lugubre était l’un de ses terrains de jeux. Adolescente et jeune adulte, elle a continué à la côtoyer en perdant des personnes très proches d’elle. De plus, l’établissement chaleureux qu’est Aube-Lumière lui était connu. La première fois qu’elle y a mis les pieds c’était le 1er mai 1999 et elle y a accompagné sa tante durant 25 jours. Elle a constaté que l’organisme offrait des bons soins adaptés à leurs patients et qu’il avait des valeurs près des siennes.

À la base, l’emploi de Mme Gobeil consiste à faire de l’entretien ménager et de faire partie de l’équipe de sollicitation d’activités bénéfice annuelles comme: une levée de fonds au Carrefour de l’Estrie ou un Quillothon, mais elle fait beaucoup plus que ça pour Aube-Lumière. En une semaine, elle fait approximativement 30 heures de bénévolat pour cet organisme! Plus de 200 bénévoles œuvrent pour Aube-Lumière, mais elle est incontestablement la seule à y consacrer autant de temps. Cela fait maintenant 14 ans qu’elle y travaille et y fait du bénévolat et elle souhaite continuer à en faire le plus longtemps possible.

Maison Aube-lumière avec sa voiture, au CHUS pour qu’ils puissent passer certains tests. Cependant, ce qu’elle préfère c’est d’aller chercher de la nourriture pour faire un repas spécial à une personne en particulier. Récemment, à l’occasion du Super Bowl, un résident voulait des ailes de poulet et des côtés levés pour écouter le match de football et elle s’est précipitée pour lui en procurer. À l’inverse, ce que cette femme hors du commun trouve le plus déchirant dans son bénévolat c’est de voir un patient qui est un jeune parent, car elle sait que bientôt la famille va être brisée. Spécialement à l’égard de ces enfants, un des multiples salons de l’établissement est aménagé avec des jeux.

 Comme vous devez vous en douter, les bénévoles doivent être munis de plusieurs qualités essentielles pour accomplir avec succès leurs actions bienfaisantes, surtout auprès de personnes en fin de vie. Premièrement, pour bien faire son bénévolat Mme Gobeil, doit être calme et faire preuve de discrétion car les patients ne doivent pas se sentir brusqués ou envahis par sa présence. Deuxièmement, cette bénévole au grand cœur doit être polyvalente, parce qu’elle apporte une aide sociale autant que technique, comme par exemple réparer une télévision. Ensuite, elle doit avoir une bonne écoute, car plusieurs patients s’ouvrent à elle. Aussi, elle doit être respectueuse envers les patients. À La Maison Aube-Lumière on ne fait pas de discrimination, cette femme extraordinaire donne le même service à tout le monde peu importe leur tempérament et leur classe sociale. Pour illustrer cette idée, l’établissement a déjà accueilli un itinérant et aussi un millionnaire. Finalement, elle doit avoir de la compassion pour les résidents, tout en ressentant un certain détachement pour eux pour ne pas trop souffrir. Même si elle est dévouée à La Maison Aube-Lumière, la cause des enfants malades lui tient aussi à cœur et elle aimerait un jour œuvrer dans ce domaine.

Avant Aube-Lumière, elle a déjà fait du bénévolat pour les élections, pour l’église qui était près de chez elle et Mme Gobeil a aidé à domicile des personnes paralysées durant 10 ans, en les faisant manger, en faisant leur toilette, en les déplaçant du lit électrique à la chaise bassine, en les tournant dans leur lit pour éviter les plaies de lit… Bref, en faisant à peu près tout pour subvenir à leurs besoins!  

 Son implication dans la société a déjà auparavant attiré l’attention car quelqu’un l’a inscrite au concours Gens de cœur en 2015. C’est un concours qui récompense une personne inspirante soit par une action ou une initiative remarquable qu’elle a faite, par sa créativité, sa détermination ou son engagement dans la communauté.

  Le bénévolat, de celle qui s’investit profondément pour le bien-être des résidents d’Aube-Lumière, lui apporte du bien car c’est valorisant. Il lui arrive même de recevoir des poèmes touchants sur elle, des témoignages de patients et de familles d’anciens résidents. Voici un extrait d’un de ces textes qui s’intitule La laveuse de chambre : ‘’ Le soin infini qu’elle met à poser chacun des petits gestes requis par sa tâche m’apporte chaque jour un message vrai. Celui du sens de la vie. Il n’y a de sens que dans la création de la beauté. Et c’est ce que fait la femme qui lave soigneusement la chambre. Elle crée de la beauté, simplement, soigneusement…’’   

  Être entouré quotidiennement de personnes en fin de vie lui a appris à vivre au jour le jour et à donner sans rien espérer en retour. Quand l’entretien fût terminé, Mme Josée Gobeil eut la générosité de me faire visiter presque de fond en comble la maison Aube-Lumière aux couloirs ornés de splendides toiles.

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